19 mars 2006
Médecine et justice
Ces derniers jours, le hasard a fait que, au milieu des visites à des
communautés, j'ai été invité à faire quelques interventions à propos de la
médecine. Acrobatique retour à des intérêts passés !
En réfléchissant à la place de la médecine dans les sociétés contemporaines,
je suis de plus en plus frappé par le fait qu'un des enjeux essentiels des
questions posées par les progrès de cette pratique est un enjeu pollitique.
Bien sûr, on doit souvent faire référence au respect de la personne, de sa
dignité, de son autonomie. Mais, plus que tout, parce que la priorité des
pratiques médicales doit rester le soin aux personnes malades, il me semble
que c'est finalement le critère, l'exigence, de la justice qui aide le mieux
au discernement. La justice, parce que la pratique médicale est
essentiellement une médiation de l'alliance entre les humains. Une pratique
d'hospitalité, dont la priorité irrévocable est la place faite à ceux dont
la fragilité les exposent à être oubliés, voire exclus.
