15 avril 2006
Le silence et la Pâque
Samedi saint, quelques heures avant la vigile pascale. Bientôt, les alleluia
vont retentir au coeur de la nuit. Cette dernière sera comme repoussée par
la fragilité des flammes de Lumière. Il est ressuscité, se diront
mutuellement les croyants en guise de bénédiction. Joie de Pâques !
Mais ce samedi saint aura tracé en nous le chemin du silence. Ce silence si
bouleversant du jardin du tombeau, quand les disciples ne comprennent plus
ce qui arrive, ne savent plus quoi, et qui, attendre. Quand l'audace vient à
manquer pour oser croire que les pires impasses, les pires blessures, les
ténèbres les plus opaques n'auront pas le dernier mot. Une seule flamme,
même fragile, fait naître l'aurore, certes. Mais quand et comment sera
vraiment repoussée pour toujours l'ombre de la mort?
En ce samedi saint, je pense à ceux de nos frères et de nos amis pour qui le
silence du samedi saint a une forte résonnance, parce que l'épreuve à
traverser est rude. Ce silence, pourtant, au coeur duquel se balbutie la
foi, si vive et si dépouillée.
N'est-ce pas ce silence qui constitue le socle solide des chants de la
résurrection ?
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